Les futurs du travail
2040 : les futurs du travail
Le « futur du travail » est un sujet de préoccupation constant des acteurs de la vie sociale, économique et politique. Entreprises de toute taille, associations, pouvoirs publics, chercheurs comme médias se font l’écho de cet intérêt, car tout un chacun est concerné par les évolutions possibles du travail : sa pratique, sa gestion, son « sens », sont autant d’aspects qui alimentent les questionnements sur son devenir et ses impacts. Cette préoccupation est d’autant plus vive que de puissantes transformations sont à l’œuvre, portées par le changement climatique, l’intelligence artificielle (IA) et plus généralement les développements technologiques, les dynamiques démographiques ou encore les évolutions sociétales et celles des attentes vis-à-vis du travail.
Pour autant, en France, les exercices prospectifs de grande ampleur sur le futur du travail sont relativement peu courants, ou tendent à se concentrer sur des thématiques précises. Dans le même temps, de nombreux experts (journalistes, chercheurs, consultants…), cabinets ou entreprises (notamment dans le secteur de la technologie et de l’IA) investissent le sujet, notamment sous la bannière de l’appellation « Future of Work », favorisant la circulation de convictions ou parfois d’idées reçues, sans nécessairement les inscrire dans une démarche étayée.
Futuribles a noté une attente forte de son écosystème pour explorer les futurs du travail, et pour contribuer à la réflexion collective, mais disparate, sur le sujet, à travers ses approches prospectives reconnues. Cette attente s’est notamment traduite par la récente démarche prospective mandatée par l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité), portant sur les futurs possibles du pilotage de l’activité travail à l’horizon 2040, et leurs conséquences sur la santé et la sécurité (le rapport a été rendu public le 20 novembre 2023). La première partie de ce rapport repose en effet sur une synthèse généraliste, et à jour, des tendances à l’œuvre dans le monde du travail, et sur une mise en perspective de leurs évolutions possibles. Ce travail se base sur une riche documentation et de nombreux entretiens avec des experts (chercheurs, journalistes et auteurs, entrepreneurs…). Récemment, une exposition de l’APEC (Association pour l’emploi des cadres), complétée par un ouvrage collectif de son directeur Gilles Gateau (2030. Le travail a changé), a proposé un regard généraliste sur la question.
Cette attente d’une exploration prospective transverse du futur du travail s’est concrétisée par la mise en place d’un cycle d’ateliers, coordonné par Futuribles International, avec la participation de plusieurs partenaires : AFMD (Association française des managers de la diversité), ANACT (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail), APEC (Association pour l’emploi des cadres), INRS (Institut national de recherche et de sécurité).
Intentions, objectifs et programme prévisionnel
Sur la base de ces constats et en capitalisant sur des travaux prospectifs récents, l’association Futuribles International a souhaité proposer à ses membres la tenue d’un cycle d’ateliers prospectifs consacrés à la question des futurs du travail : un pluriel qui traduit l’ouverture des possibles en la matière, mais aussi la multiplicité des enjeux qui traversent la thématique. Le futur du travail est un sujet d’ampleur, dont les contours sont peu précis. C’est pourquoi ce cycle d’ateliers s’est penché sur de grandes thématiques transverses qui, sans épuiser le sujet, ont permis de le cadrer et de fournir des repères utiles.
Ce cycle a donc proposé un tour d’horizon des grands enjeux auxquels sont confrontées les organisations, publiques comme privées, en matière de travail. Chaque séance a abordé une thématique déterminée, avec comme objectif de constituer une grille de lecture pour outiller les participants sur les évolutions envisagées. Ces séances se sont appuyées sur le partage de données et d’expertises, éventuellement externes à l’écosystème Futuribles, mais aussi sur les points de vue et retours d’expérience des participants. En point de sortie, elles ont proposés aux participants des perspectives auxquelles confronter les options stratégiques de leurs organisations, et des repères prospectifs clés.
Un des points de départ du cycle d’ateliers a été, lors de la séance inaugurale, la mise en discussion d’idées reçues sur le futur du travail : un atelier dédié a permis de référencer ces idées reçues, qu’elles soient pertinentes ou non, et de les mettre en regard des préoccupations des participants et de premiers éléments prospectifs structurants. Ce premier travail a permis de faire émerger des priorités et d’orienter le contenu des séances suivantes.
Afin de cadrer le déroulé du cycle et sur la base de ces travaux et réflexions préliminaires, des grandes thématiques ont été identifiées, qui ont chacune fait l’objet d’une ou plusieurs séances de travail. Ces thématiques étaient suffisamment larges pour que leur contenu soit adapté en fonction des attentes exprimées dans la première séance :
- 28 janvier 2025 | Ordres de grandeur et état des lieux : en complément à un atelier « idées reçues », un panorama sur les enjeux structurants du monde du travail à venir, notamment la démographie, l’environnement économique (répartition public / privé, secteurs d’activité, etc.), statut des emploi et formes juridiques des entreprises.
- 25 mars 2025 | Les conséquences de l’IA et du changement climatique sur le travail.
- 17 juin 2025 | Management et gestion des collectifs : les évolutions possibles dans les dimensions organisationnelles (temps, lieux et processus du travail).
- 5 novembre 2025 – Les futurs du travail à l’horizon 2040 : partage de contenus, synthèse des éléments issus des séances précédentes, atelier dont l’objectif est de formuler quelques grandes orientations prospectives à l’horizon 2040.
Les séances se sont organisées en un premier temps de partage de contenus, un deuxième temps d’échanges / réactions, et un troisième temps d’atelier contributif pour construire des hypothèses ou mini-scénarios prospectifs. À ce titre, la méthodologie du design fiction a été mobilisée. Dans le cadre de ces séances, les participants ont pu identifier et partager des bonnes pratiques ou leviers de transformation à l’œuvre dans leurs organisations, et détailler leurs conditions d’activation. Après la séance, l’INRS, l’ANACT, l’AFMD et l’APEC ont identifié une série d’enjeux prospectifs en lien avec la thématique abordée, qui a été transmise aux participants, en complément du compte-rendu, dans un livrable de synthèse. Ils ont apporté des points de vue sur leur domaine de prédilection :
- Prévention, santé et sécurité – INRS
- Conditions de travail, dialogue social – ANACT
- Diversité – AFMD
- Rapport au travail – APEC
Le cycle s’est tenu sur quatre séances durant le premier semestre de l’année 2025. Au terme des quatre séances de travail, un rapport final synthétisant l’ensemble des points de vue partagés, assorti de fiches thématiques ont été produits et proposés aux membres partenaires. Un événement de restitution a également eu lieu.











































