Depuis 1973 et la signature de la convention fondamentale de l’OIT (Organisation internationale du travail) n° 138 sur l’âge minimum d’accès à l’emploi, l’interdiction du travail des enfants — ou a minima son encadrement strict — est considérée comme un acquis social dans de nombreux pays, sur lequel il semble difficile de revenir. Selon cette convention, tout membre qui la ratifie devra spécifier un âge minimum d’admission à l’emploi ou au travail sur son territoire, au-dessous duquel aucune personne ne devra être autorisée à travailler dans une profession quelconque. Selon les 176 pays signataires, l’âge limite fixé fluctue entre 14 et 16 ans. Il faut cependant préciser que la convention permet aux législations nationales d’autoriser sous certaines conditions l’accomplissement de travaux légers dès l’âge de 13 ans (ou 12 ans dans le cas des États en développement ayant fixé l’âge minimum d’admission à l’emploi à 14 ans).
Au regard de cette réglementation internationale, la House Bill 1410 signée par la gouverneure républicaine de l’Arkansas, Sarah Huckabee Sanders, en mars 2023 a donc fait couler un peu d’encre. Cette loi vise en effet à faciliter l’embauche de mineurs en dispensant les enfants de moins de 16 ans de fournir une preuve de leur âge pour être recrutés. Si cela peut choquer au premier abord, il faut commencer par rappeler que les États-Unis font partie des rares pays à ne pas avoir ratifié la convention C138. On constat



