L’exigence d’un salaire décent ne relève pas uniquement de controverses de philosophie politique et de revendications syndicales. Elle s’incarne aussi à travers l’annonce, au printemps 2024, par Michelin, de la garantie d’un salaire décent, pour tous les employés du groupe dans le monde.
En plein débat français sur la « smicardisation » des salariés, sur le pouvoir d’achat et sur les travailleurs pauvres, la multinationale, créée en 1889, innove. Elle inscrit sa proposition dans une double lignée. D’abord celle, historique, d’une entreprise engagée dans la protection sociale, sur le registre du paternalisme. Sous ce nom désuet et connoté aujourd’hui négativement, se trouve un ensemble de réalisations sociales que le géant du pneu a d’abord déployées dans sa région de Clermont-Ferrand, avec des crèches, des cliniques, des aides au logement et autres avantages pour les familles. Ensuite, Michelin confirme, avec ses annonces, son engagement dans un mouvement bien plus récent, celui des entreprises qui, à l’échelle mondiale, s’engagent dans la mise en place de socles de protection sociale.



