Les questions concernant la nature profonde ou l’essence du masculin et du féminin traversent les collectifs humains depuis des millénaires. Aujourd’hui, nous observons des phénomènes de contestation des normes sociales structurant les identités de genre d’une ampleur inédite dans nos sociétés occidentales. La dénonciation de l’assignation de rôles spécifiques à l’homme et à la femme et des violences subies par les populations minorisées, les volontés d’aller au-delà de la binarité des sexes biologiques et plus largement les revendications à la libre détermination de soi s’expriment avec une force croissante ces dernières décennies, dans une approche de plus en plus intersectionnelle des luttes. Ces mouvements produisent déjà des effets concrets, sur l’évolution des opinions publiques, mais aussi sur les comportements, les espaces sociaux, les cadres juridiques… Pour autant, ils rencontrent aussi de fortes résistances qui traduisent la persistance de certains schémas mentaux collectifs historiques, et révèlent en creux les angoisses identitaires que ces revendications nouvelles génèrent.
Plus globalement, les questions de genre sont particulièrement révélatrices des logiques de domination qui structurent fondamentalement les sociétés occidentales. Ainsi, si les luttes des minorités ne remettent pas nécessairement en cause ces jeux de pouvoir, elles participent en revanche à leur déplacement et leur recomposition. Quels seront donc les rapports de force entre individus, masculin, féminin, non binaire…, demain ? Quelle place pourront prendre les questions de genre dans les débats collectifs et avec quelles conséquences sur les institutions, sur les organisations de travail, mais aussi sur les relations interpersonnelles ?
Rapport Vigie 2023
- Introduction générale
- Chapitre 1. Vivant : de la domination à la réconciliation ?
- Chapitre 2. Territoires : vivre ici, rêver d’ailleurs ?
- Chapitre 3. Naissance et mort : la biologie sous contrôle ?
- Chapitre 4. Technologies : machines humaines, trop humaines ?
- Chapitre 5. Genre et sexes : de l’assignation à la fluidité ?
- Chapitre 6. Savoirs et institutions : qui croire ? Que croire ?
- Chapitre 7. Crises et temporalités : de l’accélération à l’éco-anxiété ?



