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L’IA et l’avenir du travail : nouveau rapport des chercheurs de Stanford

Artificial Intelligence and the Future of Work est le tout dernier rapport coordonné par Erik Brynjolfsson et Tom Mitchell, deux chercheurs de Stanford spécialistes de l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur le monde professionnel. Il s’intéresse aux effets grandissants de l’IA sur l’emploi, la productivité et l’éducation. Commandé par le Congrès dans le cadre du National Defense Authorization Act de 2021, il propose également des pistes d’action et des scénarios destinés à guider la recherche et éclairer la conception des politiques publiques.

Référence : Brynjolfsson Erik et Mitchell Tom, Artificial Intelligence and the Future of Work, Washington, D.C. : The National Academies Press (Consensus Study Report), 2025, 200 p.

Désormais considérée comme une technologie à usage général, l’IA progresse rapidement (qu’il s’agisse des systèmes génératifs ou de la robotique) et transforme en profondeur le monde du travail. Depuis leur première étude en 2017, les auteurs observent un déplacement du débat : l’automatisation par les robots physiques n’est plus le sujet principal, car la montée en puissance des grands modèles de langage bouleverse directement les métiers de la connaissance. La pandémie et l’accélération du numérique ont amplifié ces mutations, tandis que l’accès à des données plus fines permet de mieux en mesurer les effets.

Toutefois, les trajectoires de l’IA restent incertaines et ses bénéfices risquent de ne pas profiter à tous de la même manière. Les auteurs plaident pour la création d’un dispositif national capable de suivre en temps quasi réel les avancées technologiques, leur diffusion et leurs impacts sur le travail. Car si l’IA promet des gains de productivité considérables, elle redéfinit aussi la nature même de l’emploi.

Certaines compétences risquent d’être dévalorisées ou remplacées, entraînant pression sur les salaires, surveillance accrue et biais renforcés. D’autres métiers, en revanche, pourraient être enrichis grâce à des outils d’aide au jugement et à la décision. Afin que ces évolutions profitent au plus grand nombre, le rapport appelle à investir dans la formation, la reconversion et l’adaptation des organisations, tout en réduisant les inégalités d’accès aux technologies et à l’éducation.

L’étude insiste également sur le potentiel de l’IA dans le domaine éducatif, notamment à travers le tutorat individualisé, mais rappelle que cette promesse exige des investissements massifs et des efforts de recherche soutenus. Plus largement, elle rappelle que l’avenir du travail ne sera pas dicté par la technologie seule, mais par les choix collectifs visant à encadrer son usage dans le respect de la vie privée, de la démocratie et de la sécurité.

Dans ce contexte, le rôle des pouvoirs publics est jugé essentiel pour renforcer l’expertise en IA, soutenir la recherche et les garde-fous éthiques, garantir la transparence et la protection des données, et développer des partenariats public-privé favorisant le partage d’informations. En conclusion, l’avenir de l’IA dépendra de la capacité à en faire un outil de renforcement des capacités humaines et de réduction des inégalités, plutôt qu’un facteur aggravant de fractures sociales et économiques.