La période 1945-1990 portait un nom : la guerre froide. Le tiers de siècle qui s’est écoulé depuis reste anonyme. Pourquoi ?, s’interroge Ghassan Salamé. Parce qu’elle oppose deux moments contradictoires : le premier, fait de promesses d’un monde plus démocratique, pacifique, que la mondialisation et la révolution technologique auraient dû rendre multiculturel et convergent ; le second, fait d’espoirs déçus devant le recul des démocraties, la montée du nationalisme et du sentiment identitaire, la pratique de relations transactionnelles guidées par un opportunisme politique et diplomatique assumé, hors du cadre réglementaire onusien désormais décrédibilisé. Les relations internationales de la postmodernité, que certains croyaient inspirées par Vénus, seraient-elles désormais placées sous l’égide de Mars ? À ce moment charnière de l’Histoire, laquelle de ces deux voies empruntera le monde de demain ?
Ghassan Salamé est particulièrement bien placé pour porter un regard objectif sur l’état du monde, où s’affirment depuis peu les pays du « Sud global », animés par un vif ressentiment antioccidental et une aspiration à peser sur le système mondial. Professeur de relations internationales à Sciences Po, ancien ministre de la Culture et de l’Éducation au Liban, diplomate aux Nations unies, l’auteur ajoute à son expertise et sa pratique la lucidité et la neutralité d’un homme originaire du Liban, ce pays si proche de l’Occident sans toutefois en faire partie. Pour pouvoir appréhender le monde à ve



