À Amiens, trois résidences seniors privées ont ouvert en un an. La scène se répète dans la plupart des villes moyennes françaises, où les programmes dédiés aux retraités encore autonomes se multiplient à un rythme inédit [1]. En une dizaine d’années, les résidences services seniors se sont imposées comme la réponse la plus visible au vieillissement dans les villes françaises, mais pour une fraction solvable des retraités seulement.
Le parc est ainsi passé d’environ 550 résidences et 43 000 logements en 2015 à plus de 1 200 résidences et près de 100 000 logements en 2024, soit un doublement en moins de 10 ans [2]. Les projections de marché annoncent autour de 1 500 résidences et 120 000 logements à l’horizon 2026, alors même que les 75-84 ans — cœur de cible de ces produits — vont fortement augmenter (la population française de plus de 80 ans devrait passer de quatre à sept millions d’ici 2040) [3]. Ce boom reste pourtant très partiel : la majorité des seniors modestes, en particulier dans les petites et moyennes villes, demeurent en dehors de ces produits, restent dans un parc ancien, parfois mal adapté, sans bénéficier de cette offre sécurisée, tandis que les formes d’habitat intermédiaire — abordables, plus mutualisées — sont à la peine en France [4].
Un marché en surchauffe mais ciblé
Les résidences services seniors privées se développent à un rythme soutenu, avec entre 100 et 150 ouvertures par an ces dernières années et un parc qui a plus que doublé en se



