Revue

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Une baisse inédite et durable de l’artificialisation des sols en Île-de-France ?

Vue aérienne de la ville de Poissy, dans le département des Yvelines, en France
D’après les nouvelles données du Mode d’occupation du sol (MOS), analysées par l’Institut Paris Région, le rythme d’artificialisation d’espaces naturels, agricoles et forestiers (ENAF) en Île-de-France a ralenti de 34 % entre les périodes 2017-2021 et 2021-2025 (et de 28 % par rapport à la période 2012-2021). Avec 554 hectares bruts consommés par an en moyenne, la région atteint son niveau observé le plus faible et est ainsi en phase avec les objectifs de son schéma directeur (SDRIF-E), qui fixe un objectif de 598 hectares par an en moyenne sur la période 2021-2031. La consommation nette est même inférieure, puisque dans le même temps, 95 hectares par an ont été rendus à la nature — dynamique en hausse par rapport à la période 2017-2021, mais en baisse tendancielle sur longue période.

Cette dynamique est avant tout liée à la forte diminution en grande couronne, notamment en Seine-et-Marne et en Essonne, la situation en petite couronne étant quasi stable, avec une baisse moyenne de 6 %. Notons que, rapportée à leurs superficies respectives, la consommation brute de sol par les départements du Val-de-Marne et de Seine-Saint-Denis est comparable à celle des départements de grande couronne — la Seine-Saint-Denis étant même le deuxième département le plus consommateur d’espace, avec près de 0,4 % de sa superficie nouvellement artificialisée entre 2021 et 2025.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte national de stagnation relative de la consommation d’ENAF depuis 2015 autour de 20 800 hectares consommés par an entre 2015 et 2023 (seules les années 2019 et 2023 ont connu un niveau inférieur à 20 000 hectares). Ce rythme reste ainsi très loin de l’objectif fixé par la loi Climat et résilience d’août 2021 qui ambitionnait de réduire de moitié la consommation d’ENAF sur la décennie 2021-2031 par rapport à la décennie 2011-2021, soit un peu de moins de 13 000 hectares par an en 2031 — objectif depuis repoussé à 2034. La consommation d’espaces reste très hétérogène et se concentre principalement dans les zones littorales, les couronnes périurbaines, et plus largement dans les territo