Avec cet ouvrage, Nick Bostrom nous plonge dans une utopie radicale, un monde où toutes les tâches seraient prises en charge par l’intelligence artificielle (IA) et ses agents robotisés. Ce faisant, il prolonge la réflexion conduite dans Superintelligence [1]. Alors que le premier ouvrage traitait avant tout des risques existentiels liés aux développements de technologies qui surpasseraient les capacités humaines d’intelligence, et plaidait pour un alignement des objectifs de l’IA sur les valeurs humaines, celui-ci suppose que l’humanité a survécu et aborde la question d’une société post-superintelligence.
C’est une exploration systématique des conséquences économiques, sociales, philosophiques et morales qui est conduite à partir de cette hypothèse radicale. Elle est nécessairement foisonnante, avec une multiplication des angles d’attaque, et son ambition dépasse largement un exercice du type « que se passerait-il si… », familier des prospectivistes. Le ton est donné dans la courte préface, par un paragraphe poétique qui évoque la métamorphose d’un paysage familier, transfiguré par la neige qui le recouvre un matin d’hiver et qui suscite l’envie d’en découvrir les mystères.
En effet, le récit suit plusieurs cheminements qui s’entrelacent. Le premier d’entre eux s’attache au propos central : que faire quand il n’y a rien à faire ? Ici, les réfl



