En quelques années, depuis le début de la décennie 2020, le contexte de relative stabilité socio-économique et géopolitique qui prévalait en Europe a volé en éclats, laissant place à ce que l’on nomme désormais la polycrise. À l’épisode de la Covid sont venus s’ajouter la guerre en Ukraine, le retour du protectionnisme aux États-Unis, l’intervention israélo-américaine en Iran, et leur lot de conséquences dont on peine à voir la fin, notamment en matière d’approvisionnement énergétique. Face aux vulnérabilités mises au jour, sur fond d’accélération du changement climatique et de leadership chinois sur les technologies vertes, les enjeux de souveraineté énergétique, de décarbonation et d’autonomie stratégique ont pris une place majeure sur l’agenda européen, et nécessitent d’être bien documentés pour permettre à l’Union et aux pays européens d’en tenir compte dans leurs stratégies politiques.
C’est la raison pour laquelle vient d’être constitué un consortium réunissant plusieurs organismes d’étude et de recherche (dont Futuribles) : l’observatoire Géopolitique de l’énergie et Europe puissance (GEEP). Cet article collectif en présente les principaux acteurs et l’ambition, à savoir : « rassembler, structurer et analyser un ensemble cohérent d’indicateurs susceptibles d’éclairer les choix stratégiques européens, d’objectiver les débats publics et de suivre dans le temps la crédibilité des trajectoires engagées ». Les auteurs y développent également les axes d’analyse prioritaires de l’observatoire en matière de trajectoires de transition et de pilotage de la souveraineté énergétique, ainsi que les leviers pouvant être mobilisés pour permettre à l’Europe de se hisser au rang de puissance géopolitique et géoéconomique leader en matière de décarbonation.


