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Conseil européen : le dilemme de la souveraineté partagée

Cet article fait partie de la revue Futuribles n° 473, juillet-août 2026

Le blocage récurrent, jusqu’à la défaite de Viktor Orbán en Hongrie ce printemps, du versement de l’aide à l’Ukraine votée par les pays membres, a largement témoigné des limites institutionnelles de l’Union européenne. Dans une Europe à 27, quand l’organe décisionnel le plus important doit voter à l’unanimité, le système ne fonctionne pas, ou très mal.

C’est ce que rappelle ici Jean-François Drevet en consacrant cette chronique au Conseil européen et à ses perspectives d’avenir dans un contexte marqué par une insécurité croissante aux frontières de l’Europe. Conserver le fonctionnement actuel du Conseil (scénario tendanciel) maintiendrait l’Union dans un système « vetocratique » sans réelle capacité de réaction ou d’intervention, donc sans réelle autonomie stratégique possible. Pour permettre à l’Europe de faire front sur la scène internationale, il faut qu’elle puisse disposer de réelles capacités de défense et de dissuasion, et donc être en mesure de se doter de moyens, matériels, budgétaires, etc., qui impliquent, pour les États membres, de mutualiser leurs forces et de partager leur souveraineté. Un fonctionnement du Conseil par vote à l’unanimité est source de blocage et ne permet pas un tel partage, et pour en sortir, les procédures de réforme institutionnelle sont très aléatoires.

Peut-être l’heure est-elle venue de passer à une Europe à géométrie variable permettant aux États qui le souhaitent de faire un pas en avant dans le partage de la souveraineté et l’affirmation d’une Europe plus puissante ? C’est ce que préconise Jean-François Drevet qui présente les options institutionnelles susceptibles de relever ce défi.

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