Comment peut-on « gouverner » le monde, aujourd’hui, dans un contexte de crises et de défis planétaires (le changement climatique notamment) et avec quels moyens pourrait-on y parvenir ? Telles sont les questions auxquelles répondent, dans ce livre, George Papaconstantinou, professeur à l’Institut universitaire européen de Florence, et Jean Pisani-Ferry, chercheur au centre européen de réflexion Bruegel à Bruxelles [1].
« Gouverner le monde » est une idée récente datant des lendemains des deux guerres mondiales. Après l’échec de la SDN (Société des nations), créée en 1919, le système économique, monétaire et financier de Bretton Woods fut mis en place en septembre 1944, avec le FMI (Fonds monétaire international) et la Banque mondiale, afin de financer l’effort de reconstruction de l’après-guerre, et avec des règles du jeu contraignantes. La création de l’ONU (Organisation des Nations unies), en octobre 1945, puis de ses agences (l’UNESCO, l’OMS, la FAO [2]…), et de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) en1995, compléta le système. Cette gouvernance mondiale consacrait la suprématie du dollar américain et l’influence des pays occidentaux dans les organisations internationales.
L’action internationale collective repose sur un droit obligeant les États à respecter des règles sous peine de sanctions, mais aussi sur l’économie et la nature des relations internationales. Les économistes estiment que les incitations à coopérer sont les plus utiles, et les politologues que des institutions internationales puissantes sont nécessaires (il en existe 2 400). Définir des règles d’acti


