Revue

Revue

Vers l’humusation ?

La progression récente et rapide de la crémation, alternative à l’inhumation, constitue une transformation sociale majeure : elle est passée de 1 % des obsèques en 1980 à plus de 40 % aujourd’hui. Cette évolution puissante traduit de profondes mutations en ce qui concerne les représentations des corps et de la mort. Se profile une autre option, encore illégale en France, l’humusation, c’est-à-dire le compostage des corps.

Autorisés en France depuis 1887, l’incinération du corps d’une personne décédée puis le recueil de ses cendres dans une urne (avant de les disperser, de les enterrer ou de les placer en columbarium) sont devenus des pratiques funéraires répandues, encouragées par la levée de l’interdit de l’Église en 1963.

La croissance de la crémation

La crémation, en France, connaît une croissance régulière depuis la fin des années 1970. En 1975, 2 100 crémations ont été effectuées, soit 0,4 % des obsèques de l’année. En 1979, ce sont 5 000 créations, représentant 1 % des obsèques. Ensuite, si on peut s’autoriser l’expression, la crémation a connu une véritable flambée [1].

Taux de crémation en France, par rapport au total des obsèques (en %)

Source : Fédération française de crémation, CRÉDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie).

En une quarantaine d’années, le taux de crémation a été multiplié par environ 40. De moins de 1 % des traitements réservés aux corps des défunts à la fin des années 1970, la crémation a concerné, en 2007, 28 % des obsèques, 36 %