La question du vieillissement démographique — un phénomène parmi les plus faciles à anticiper comme il est rappelé en début de cet article — fait sans aucun doute partie des thématiques les plus souvent abordées dans la revue depuis sa création. Alain Parant, par exemple, la traitait déjà en mars 1979 (n° 21), dans « Croître ou vieillir », article dans lequel il alertait sur les conséquences qui en découleraient, à terme, en France, sur les équilibres intergénérationnels et donc sur le financement des régimes de retraite. Quatre décennies, plus tard (et après tant d’autres articles publiés dans ces colonnes sur le sujet, émanant de démographes, sociologues, économistes…), il montre ici, avec Hugues de Jouvenel, combien la réforme du système français de retraite constitue un parcours du combattant — à cette heure, toujours en chantier.
Leur article revient sur la chronologie de cette réforme depuis les années 1980 et l’erreur originelle d’avoir fixé un âge légal de départ à la retraite qui, en dépit des bonnes intentions du législateur, allait à contresens des évolutions démographiques, de la justice sociale, des équilibres intergénérationnels et de la dynamique économique du pays. Hugues de Jouvenel et Alain Parant décryptent ensuite les diverses tentatives qui se sont succédé pour tenter de réformer le système, soulignant leurs intérêts et limites respectives, et les occasions manquées. Et alors que le sujet reste sur la table d’un gouvernement français en situation précaire, ils appellent de leurs vœux la mise en place d’un système universel de retraite à points, uniquement basé sur la durée de cotisation, sans mention d’âge de départ, étroitement articulé avec la politique de l’emploi.



