Revue

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Quel mix électrique en Chine à l’horizon 2060 ?

La stratégie de décarbonation de l’économie chinoise

Panneaux solaires et éoliennes au premier plan plan, et le drapeau de la Chine à l'arrière plan.

La production d’électricité représente aujourd’hui la moitié des émissions de gaz à effet de serre liées à la combustion d’énergies fossiles en Chine. Pékin étant responsable d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, la décarbonation du mix électrique chinois aura des implications globales vis-à-vis des objectifs climatiques. Au premier trimestre 2025, la Chine annonçait une baisse de ses émissions de CO2 par rapport à l’année antérieure. Est-ce le signe d’un pic des émissions atteint avant l’objectif de 2030 fixé par le gouvernement ?

Antoine Le Bec estime, dans cette analyse, que cette inflexion nécessitera d’être confirmée à court terme, mais qu’elle augure d’une transformation structurelle au sein du système énergétique chinois : la croissance annuelle de la production électrique renouvelable a dépassé celle de la demande d’électricité, entraînant une diminution de la production électrique fossile. Si les énergies renouvelables représentaient 15 % du mix électrique en 2023, elles ne s’étaient jusqu’ici pas substituées, mais ajoutées, aux énergies fossiles.

Pour atteindre la neutralité carbone en 2060, il faudra que la Chine déploie 10 000 gigawatts de production solaire et éolienne, tout en poursuivant l’électrification des usages. Le rythme actuel de déploiement est en phase avec cet objectif, mais il fait face à des défis devant être relevés rapidement : renforcement des réseaux électriques, développement des flexibilités du côté de l’offre et de la demande (notamment stockage), distribution spatiale plus diffuse des installations de production électrique (solaire en toitures et façades, nucléaire, éolien offshore…).

Cependant, lorsque la Chine procède à un déploiement inédit de ces technologies vertes, elle continue d’investir en parallèle massivement dans le charbon (représentant 95 % des constructions de centrales dans le monde). Le charbon demeure le pilier de la sécurité énergétique chinoise (60 % du mix électrique), mais sa production devra rapidement décroître pour respecter les objectifs climatiques du pays. La sortie du charbon est porteuse de risques financiers importants, mais également d’enjeux de reconversion professionnelle des travailleurs, qui pourraient dégrader la stabilité sociale si ceux-ci étaient mal accompagnés. L’auteur montre que plutôt que la fermeture précoce du parc de centrales, le gouvernement chinois cherche à en diminuer leur taux d’utilisation par différents mécanismes de marché et adaptations techniques. Si ce taux a entamé sa baisse, passant de 60 % en 2011 à 50 % au milieu de la décennie 2010, il tend depuis à stagner et devra diminuer plus rapidement.

Face à ces tendances a priori contradictoires, quelles sont les perspectives d’évolution du mix électrique chinois ? L’enjeu des prochaines années est d’observer si la trajectoire des émissions va suivre un plateau ou amorcer rapidement un déclin, impératif pour atteindre la neutralité carbone en 2060.

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Une synthèse de cette analyse est disponible en libre accès et peut être téléchargée en cliquant sur ce lien.

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