Sommes-nous près de la « singularité », le moment où, selon certains milieux californiens, l’humanité devra s’en remettre aux ordinateurs, plus puissants et plus créatifs que le cerveau, pour assurer son développement et même sa survie ? La date de cette révolution est éminemment variable : actuellement, les tenants de cette théorie suggèrent 2040. Mais, selon d’autres experts, l’homme va évoluer dans cette même période, le « transhumanisme » nous annonce un changement important de nos performances, de notre physiologie et de notre santé. Ces changements seront dus aux développements de la biologie, de la chimie, de la physique et de la technologie. Les médias accordent une large place à ces déclarations, soutenues par des opérateurs puissants comme Google. Elles inspirent des philosophes comme Luc Ferry et des romanciers comme Pierre Assouline. Dans son roman, Golem, ce dernier campe un personnage dans le cerveau duquel des électrodes ont été implantées à son insu par un neurochirurgien, ce qui le dote de performances mnésiques extraordinaires. Luc Ferry s’interroge sur l’allongement de la vie que la biologie procurera et sur l’homme nouveau qui pourrait advenir. Le cerveau est une cible importante de ces prévisions et élucubrations. Il est vrai que les neurosciences sont un champ de la biologie en plein essor et que le cerveau est une boîte noire qui commence à s’ouvrir.
Confronter les progrès des neurosciences avec ces interrogations est le sujet de cette analyse prospective. Ces progrès seront évoqués selon trois points de vue : la compréhension qu’ils donnent du fonctionnement du cerveau, les possibilités qu’ils offrent de soigner et de réparer des dysfonctionnements, les opportunités de développer et d’augmenter nos performances.
Présent et futur des neurosciences
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