Revue

Revue

L’Europe dépendante, otage et proie

Les illusions perdues dans ses voisinages

Analyse de livre

Ceux qui estiment que l’Union européenne est excessivement tournée vers elle-même apprécieront l’ouvrage de Pierre Mirel, non seulement à cause de son titre « L’Europe dépendante, otage et proie », mais peut-être davantage en raison de son sous-titre, « Les illusions perdues dans ses voisinages ». En effet, si beaucoup d’ouvrages ont traité de l’une ou l’autre de ses périphéries, celui-ci offre un parcours semi-circulaire qui met en évidence à quel point les relations entre l’Union et ses voisins se sont dégradées, rejoignant le cri d’alarme de Sylvie Kauffmann dans Les Aveuglés [1].

Mirel Pierre, L’Europe dépendante, otage et proie. Les illusions perdues dans ses voisinages, Paris : L’Harmattan (Diplomatie et stratégie), mai 2026, 274 p.

Couverture du livre de Pierre Mirel, L’Europe dépendante, otage et proie. Les illusions perdues dans ses voisinages.

Mais Pierre Mirel est un initié, qui a été impliqué dans tout le processus d’élargissement de l’UE depuis les années 1990 et qui y travaille toujours dans le cadre de ses activités académiques. Il donne ici un avis à la fois compétent et indépendant sur les trois décennies qui ont succédé à l’ouverture du mur de Berlin, et notamment sur les politiques suivies par Bruxelles.

Ce qui n’est pas si simple : en effet, parmi les transformations globales qui ont affecté les périphéries européennes, il est difficile d’individualiser le rôle de l’UE, de ses actions et de ses inactions, de ce qu’elle aurait dû faire ou aurait plutôt mal fait. Si elle a accompagné la vague d’extension de l’économie de marché qui s’est r