Fin février 2026, la Cour suprême américaine portait un coup majeur à la politique commerciale de Donald Trump, en rejetant la légalité des droits de douane adoptés par le président américain sur base de la loi d’urgence économique IEEPA (International Emergency Economic Powers Act) de 1977. Par sa décision, la Cour rappelle que les droits de douane sont des impôts, non compris dans le périmètre de l’IEEPA, dont l’adoption relève du pouvoir législatif et non de l’exécutif.
Ces tarifs, annoncés à la suite du Liberation Day, en avril 2025, incluaient les droits de douane « réciproques » qui ont ciblé la quasi-totalité des partenaires commerciaux des États-Unis. Fixés initialement entre 10 % et 40 %, ils étaient justifiés par l’existence de déséquilibres importants de la balance commerciale. L’IEEPA a servi également de base légale aux droits de douane adoptés contre le Canada, le Mexique et la Chine, au motif du risque pour la sécurité nationale que constitueraient les importations de fentanyl via ces pays. Le Brésil a spécifiquement fait l’objet de droits de douane de 40 % sur la plupart de ses produits en juillet 2025, tandis que des « tarifs secondaires » ont été adoptés sur les pays commerçant du pétrole avec Cuba, le Venezuela, la Russie et l’Iran (seule l’Inde a été sanctionnée, avec un tarif de 25 %).
À la suite de cette décision, Donald Trump a violemment remis en cause la légitimité de la Cour suprême et annoncé vouloir mettre en œuvre nouveaux tarifs douaniers, en mobilisant d’autres textes de lois que l’IEEPA (voir l’encadré en fin d’article). Au-delà de ces questions légales, la décision de la Cour suprême offre l’occasion de réaliser un premier bilan des conséquences macroéconomiques et commerciales de la stratégie de Donald Trump, et des perspectives politiques qu’elles soulèvent.
Tweet posté par Donald Trump sur X le 15 mars 2026, en réaction à la décision de la Cour suprême
URL : https://x.com/TrumpTruthOnX/status/2033378114328490265. Consulté le 19 mars 2026.
Droits de douane : les leçons historiques
Commençons par un détour par le temps long. En effet, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, les tarifs douaniers étaient plutôt la norme que l’exception aux États-Unis, oscillant à des niveaux entre 40 % et 60%. Un article écrit par deux économistes de la Réserve fédérale de San Francisco étudie les effets sur l’inflation et le chômage de la



