Plusieurs études traitant de la précarité alimentaire ont été publiées entre septembre et novembre 2024. Pour commencer, un rapport de l’Institut Montaigne montre que l’alimentation est le reflet des inégalités socio-économiques : plus le revenu est faible, plus l’alimentation représente une part importante du budget et plus les produits frais sont remplacés par des produits de moindre qualité nutritionnelle (schéma ci-dessous). Selon les auteurs, il est nécessaire de conduire des réflexions concertées entre pouvoirs publics, industriels, distributeurs, restaurateurs et consommateurs afin d’élaborer des politiques alimentaires tenant compte de leurs impacts à la fois sociaux, sanitaires et environnementaux (réduction de l’empreinte environnementale et climatique).
Aliments majoritairement consommés, selon la catégorie socioprofessionnelle des mangeurs
Source : Fracture alimentaire. Maux communs, remède collectif, Institut Montaigne, octobre 2024, p. 56.
Cette recommandation est également formulée dans le rapport élaboré par le Secours catholique, Caritas France, le réseau Civam (Centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural), Solidarité Paysan et la Fédération des diabétiques. Selon ses auteurs, le prix de l’alimentation cristallise les tensions du système alimentaire, qui doit concilier différents objectifs contradictoires : accessibilité sociale, durabilité, juste rémunération des producteurs, etc. (schéma ci-après). Le document rappelle l’estimation de huit millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire, parmi lesquelles deux millions ont recours à l’aide alimentaire. Par ailleurs, le nombre de diabétiques a augmenté de 160 % entre 2001 et 2022, et les dépenses de santé publique liées à l’obésité et au diabète s’élèvent à 11,7 milliards d’euros en 2022.
Impacts négatifs du système alimentaire français en matière socio-économique
Source : L’Injuste Prix de notre alimentation. Quels coûts pour la société et la planète ?, Secours catholique, Caritas France, réseau Civam, Solidarité Paysan et Fédération des diabétiques, septembre 2024, p. 55.
Dans une note parue en septembre 2024, l’Institut Rousseau reprend de son côté l’idée d’un « droit à bien manger » et de l’instauration d’une Sécurité sociale de l’alimentation. Une quarantaine d’organisations regroupées dans un collectif national portent cette proposition. Un article de Sarah Cohen paru en novembre 2024 dans la revue L’Économie politique décrit les principes de fonctionnement d’un tel régime de protection, qui supposerait la création d’une branche dédiée de la Sécurité sociale.
Dans un rapport publié en novembre 2024 par la Fondation Jean Jaurès, Louis Cantuel (responsable du pôle institutionnel et stratégique aux Restos du Cœur) rappelle l’importance de l’aide alimentaire pour lutter contre la pauvreté. Il présente aussi des alternatives à cette aide : chèque alimentaire (aide monétaire pour l’achat de produits alimentaires) et Sécurité sociale de l’alimentation, sur laquelle il porte, pour sa part, un regard critique. Il s’interroge en effet sur le coût de ce dispositif et sur ses potentielles limites, en particulier l’exclusion de personnes non affiliées à la Sécurité sociale et pourtant aujourd’hui bénéficiaires de l’aide alimentaire.
Enfin, un nouveau MOOC intitulé « Les précarités alimentaires. Favorisez l’accès à une alimentation choisie, durable et de qualité pour toutes et tous » est proposé sur la plate-forme France université numérique (après une première session début 2025, une autre session est programmée jusqu’en juillet 2025).
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Source : ce texte est issu du Blog de veille du CEP (Centre d’études et de prospective) de janvier 2025.




