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La fracture numérique en Europe. Les enjeux économiques et sociaux au regard d'une " Europe de la connaissance "

Cet article fait partie de la revue Futuribles n° 305, fév. 2005

Les années 1990 ont marqué l’avènement d’une nouvelle ère pour la plupart des sociétés développées. En effet, l’essor des nouvelles technologies de l’information et de la communication a ouvert une période de changements très rapides qui ont bouleversé le quotidien des citoyens. Mais si ces évolutions sont éminemment porteuses de modernité et d’espoirs dans un grand nombre de domaines (communication, médecine, éducation…), elles ont leur revers : elles laissent un certain nombre de citoyens au bord de la route. Comme le montrent ici Patrick Cohendet et Lucy Stojak, la société de la connaissance a effectivement ses laissés-pour-compte en Europe et cette  » fracture numérique  » (ici essentiellement analysée à l’aune de l’usage d’Internet) pourrait bien s’aggraver si aucune mesure concrète n’est prise pour y remédier.
Les auteurs commencent par définir cette  » fracture numérique « , distinguant l’approche technologique (essentiellement quantitative) de l’approche socio-économique (tenant compte non seulement de l’aspect quantitatif mais aussi d’éléments qualitatifs telles les capacités d’utilisation des technologies) qui a leur préférence. Ils présentent ensuite une typologie des utilisateurs (ou non) d’Internet, montrant les inégalités sociales, géographiques, liées à l’âge…, en ce domaine.
Comme le soulignent les auteurs, réduire la fracture numérique est indispensable pour l’avenir de l’Europe vu son objectif de devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde (sic) ; c’est essentiel pour éviter que ne s’élargisse le fossé entre anciens et nouveaux membres de l’Union, et plus généralement entre zones densément peuplées et territoires enclavés ; et c’est une donnée fondamentale dans le contexte du vieillissement démographique (les personnes âgées comptant pour beaucoup parmi les exclus du numérique). Par ailleurs, on voit bien en l’espèce que point ne suffit d’avoir les infrastructures d’accès à la foule d’informations circulant sur Internet ; encore faut-il être en mesure de trier ces informations, de les comprendre et de les assimiler : autrement dit, l’avènement d’une véritable société de la connaissance exige un réel effort de formation et d’éducation de la population.
Enfin, cet article propose une série de mesures politiques visant à réduire cette fracture, en tête desquelles l’aménagement numérique du territoire européen et la mise en place d’un service universel d’accès à l’Internet haut débit (à l’instar de ce qui s’est pratiqué par le passé pour la téléphonie).

#Inégalité sociale #Internet #Union européenne

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