Le plein emploi fut une « exception historique » correspondant à une phase de développement d’ailleurs marquée par le taylorisme et ponctuée de plusieurs guerres. Le travail depuis lors a changé de nature : « tout ce qui est machinal, la machine le fait » et l’emploi de type taylorien, voire post-taylorien, ne peut que se réduire.
Plutôt donc que d’entretenir le mythe d’un retour au plein emploi et de multiplier les mesures allant à contre-courant, félicitons-nous – dit Michel Drancourt – d’avoir des entreprises qui créent de la richesse et nous-mêmes de disposer de davantage de temps libre.
Le problème n’est pas de garantir à chacun un emploi, mais d’avoir un appareil productif performant qui soit créateur de richesse, d’aménager judicieusement la répartition de ces ressources monétaires et, surtout, d’apprendre à vivre autrement en nous investissant dans d’autres activités.
Il nous faudra ainsi apprendre à vivre dans une société organisée autour du temps libre dans laquelle le travail n’est pas tout.
La fin du travail
Cet article fait partie de la revue Futuribles n° 183, janvier 1994


