Revue

Revue

La dette publique française : défi ou gouffre ?

Cette analyse porte sur le plan structurel à moyen terme (PSMT) présenté par le gouvernement de Michel Barnier à la fin du mois d’octobre 2024. Bien que le gouvernement ait démissionné à la suite du vote d’une motion de censure le 4 décembre 2024, l’examen du PSMT permet de dégager les défis soulevés par la maîtrise du déficit public en France en se fondant notamment sur la description des évolutions de l’économie mondiale et des caractéristiques de l’économie française.

L’économie mondiale se caractérise par des perspectives de croissance nettement moins favorables en comparaison de celles connues durant l’après-guerre, en raison notamment d’un ralentissement de la croissance de la productivité. À cela s’ajoutent la fragmentation du monde, des tensions sur l’offre, le décrochage de l’Europe et la nécessaire mobilisation de ressources pour financer la transition écologique.

L’économie française, qui a privilégié la consommation, est caractérisée par un taux d’emploi bas, une croissance de la productivité faible, associée à une qualification insuffisante de la population active. La dépense publique a permis notamment de soutenir la croissance fondée sur la consommation, de maintenir un niveau de protection sociale élevé et de financer les missions de l’État et des collectivités locales. À l’inverse, certains prélèvements ont fait l’objet de politique de réduction ou de plafonnement. Cette politique a conduit à des déficits continus et à l’augmentation de l’endettement public. Au regard de son niveau d’endettement et conformément au Pacte de stabilité et de croissance, la France avait présenté aux institutions européennes une trajectoire descendante plausible à moyen terme de la dette et du déficit public.

En se fondant sur le PSMT présenté par le gouvernement de Michel Barnier, la réduction des déficits et la maîtrise de l’endettement se révèlent un effort sans précédent pour l’économie française dans un environnement défavorable. Le ralentissement tendanciel de la croissance (ralentissement de la croissance de la productivité et vieillissement démographique) réduit l’augmentation de la richesse taxable. La majeure partie des dépenses publiques sont des dépenses de redistribution, qui augmentent toutes choses égales par ailleurs (retraites notamment), ou des dépenses à faible productivité, dont certaines d’entre elles font l’objet d’une croissance de la demande indépendante de la conjoncture économique (par exemple, la santé). Enfin, des besoins de financement liés à la transition écologique et au renforcement des capacités de défense tendront à alourdir les dépenses publiques.

#Conditions économiques #Croissance économique #Endettement #Financement #Finances publiques #France #Politique économique #Union européenne