Revue

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Géopolitique du nucléaire

Pouvoir et puissance d’une industrie duale

Analyse de livre

Chercheur au CRESAT (Centre de recherches sur les économies, les sociétés, les arts et les techniques) et associé à l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques), Teva Meyer dresse, dans cet ouvrage, un panorama synthétique des implications géopolitiques du nucléaire, civil et militaire.

Meyer Teva, Géopolitique du nucléaire. Pouvoir et puissance d’une industrie duale, Paris : Le Cavalier bleu, février 2023, 184 p.

En quatre parties qui décomposent la filière nucléaire (des mines d’uranium aux centrales, en passant par l’enrichissement ou encore les déchets issus des centrales, sans oublier les armes nucléaires), il démontre le rôle important du nucléaire dans les relations internationales malgré un poids relatif objectivement limité : 4 % de la consommation d’énergie dans le monde (deux fois moins que le bois, par exemple) et des dépenses d’armement marginales pour la dissuasion.

Dès les premières pages, à travers l’analyse du marché de l’uranium, Teva Meyer déconstruit le mythe du nucléaire « a-spatial ». Ce n’est pas parce que la densité énergétique semblerait éloigner le nucléaire de toute considération géographique que d’autres paramètres ne lient pas fortement le nucléaire aux territoires.

Les décalages entre production et ressources uranifères sont la norme pour les pays nucléarisés, et plus encore pour les puissances que sont la Chine, la Russie et les États-Unis (avec respectivement 50 %, 75 % et 99 % d’uranium importé ; 100 % pour la France). Dès ce chapitre consacré au minerai et combustible, la frontière entre nucléaire civil et militaire apparaît floue : ainsi, de 1996 à 2013, les accords de d�