Revue

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Des ressources minières de la transition énergétique

Conférence de Cédric Philibert

Compte-rendu d’événement

Cédric Philibert a démarré son intervention sur les ressources minières de la transition énergétique [1], le 24 novembre 2024, en rappelant que cette transition énergétique a commencé : si l’on n’observe pas encore de substitution à l’échelle mondiale entre énergies renouvelables et fossiles, le ralentissement de la croissance de la demande d’énergie fossile est marqué. Ceci va entraîner une hausse de la demande de certains métaux comme le cuivre, le nickel, le cobalt, le manganèse, le graphite, le lithium ou encore les terres rares.

Philibert Cédric, « Des ressources minières de la transition énergétique », intervention aux Journées nationales de l’Association des professeurs de biologie et de géologie (APBG), Paris, 24 novembre 2024, 1h22.

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État des lieux et perspectives de la demande

De nombreuses technologies et infrastructures ont besoin de ces métaux, au premier rang desquels les batteries et réseaux électriques. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) tente de projeter, dans son scénario de développement durable (SDS), comment évoluerait la demande de métaux pour la production et le stockage d’électricité d’ici 2040. Cette croissance serait massive : d’un facteur 42 pour le lithium, 25 pour le graphite, 21 pour le cobalt, 19 pour le nickel, 7 pour les terres rares. Mais lorsqu’on rapporte cette hausse à l’évolution de la demande dans les autres secteurs de l’économie, la croissance de la demande globale apparaît nettement moindre.

Par exemple, la demande de cuivre liée à la transition serait multipliée par 5, mais au global elle ne ferait « que » doubler. En effet, le cuivre fait partie, avec le fer et l’or, des trois métaux les plus demandés dans le monde aujourd’hui (80 % de l’extraction de concentrés métalliques) et la hausse de la demande pour les usages du cuivre non liés au secteur énergétique devrait rester stable. D’autres métaux comme le lithium verraient leur demande globale augmenter très fortement, mais ils constituent aujourd’hui une très faible part de l’extraction minière, puisqu’ils ont peu d’usages en dehors de ceux nécessaires aux technologies de la transition. Le cuivre et, dans une moindre mesure, le nickel apparaissent comme les principaux moteurs de la demande d’extraction minière liée à la transition (exprimée en tonnage) ; le fer également, du fait des besoins d’acier, même si la transition n’augmente que de 2 % à 3 % la demande globale d’acier.