Pays le plus peuplé au monde et en croissance économique rapide, l’Inde fait partie, avec la Chine, des pays dont le rattrapage de développement est le plus spectaculaire. De fait, son poids sera déterminant dans l’équation de la lutte contre le changement climatique et de l’atteinte des objectifs fixés en ce sens lors des dernières conférences climatiques mondiales. Si ce développement économique s’accompagne d’une croissance en proportion de la mobilité routière et si celle-ci se traduit par un recours accru à la voiture thermique, les conséquences en termes d’émissions de gaz à effet de serre, de pollutions diverses et de santé publique, à l’échelle nationale comme mondiale, pourraient être délétères. Pour éviter un tel engrenage, plusieurs pistes sont envisageables. Outre le renforcement des solutions de transport public, l’accélération de l’électrification des réseaux et la décarbonation du mix électrique, un levier déterminant pourrait consister à inciter fortement les ménages indiens à choisir des véhicules électriques, à commencer par les deux- et trois-roues qui constituent déjà des solutions très prisées pour le transport privé. Telle est l’option mise en avant par Loup Le Saux et François Cattier dans cette analyse. Après avoir rappelé les principales caractéristiques de l’Inde en matière de transport privé et de production d’énergie électrique, en mettant l’accent sur les deux- et trois-roues, ils explorent différents scénarios d’évolution de la mobilité privée (en fonction de la part des voitures dans le parc privé, du taux d’électrification de la flotte de véhicules et de la décarbonation du mix électrique), et examinent les leviers et freins susceptibles d’influencer les plus vertueux en termes de transition écologique à l’horizon 2050.
Décarboner la mobilité privée en Inde
Les deux- et trois-roues électriques, axe central de la transition
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