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Comment vont les enfants ?

Une étude du CEPREMAP

Dans une note de l’Observatoire du bien-être du CEPREMAP (Centre pour la recherche économique et ses applications) intitulée « Comment vont les enfants ? », trois chercheurs mettent en lumière une dégradation nette du bien-être des enfants et des adolescents au cours des 10 dernières années. Cette évolution s’inscrit dans un contexte général de crise de la santé mentale des jeunes, touchant particulièrement les adolescentes et les enfants issus de milieux modestes.

Puisqu’il existe encore peu de données françaises permettant de suivre les moins de 15 ans dans le temps, les auteurs s’appuient sur l’enquête britannique « Understanding Society », qui observe depuis trois décennies l’évolution de la satisfaction de vie des 10-15 ans. Les résultats montrent que la moyenne de cette satisfaction a diminué de 0,5 point sur 7 (passant de 6 à 5,5) entre 2008 et 2023, de façon presque continue.

Série temporelle de la satisfaction de vie moyenne des jeunes Britanniques âgés de 10 à 15 ans

Source : CEPREMAP.

Toutes les cohortes de jeunes sont concernées par cette baisse du bien-être, mais les plus jeunes générations (alpha et Z) le sont davantage : les enfants nés après 2010 commencent l’adolescence avec un niveau de bien-être plus faible que ceux des cohortes plus anciennes, et la chute observée au fil des années est plus forte.

De plus, l’écart de satisfaction entre filles et garçons, presque imperceptible en 2016, s’est creusé depuis. En 2023, la satisfaction de vie moyenne des adolescentes chutait à 5,25 sur 7, contre 5,50 pour leurs homologues masculins.

L’étude identifie plusieurs facteurs liés à l’évolution de ce bien-être. Les activités extrascolaires apparaissent comme un élément systématiquement associé à une satisfaction de vie plus élevée, indépendamment du niveau de vie du foyer. La pratique sportive régulière se distingue particulièrement : les enfants pratiquant très souvent un sport se sentent nettement mieux (5,8 sur 7) que ceux qui en sont totalement éloignés (4,4 sur 7).

Ce constat est cependant étroitement lié au rôle des parents (inscription, accompagnement, achat de matériel, etc.). On peut estimer la présence et l’engagement des parents à travers la fréquence des repas pris en famille. Celle-ci s’avère encore plus fortement corrélée au bien-être des enfants que les activités extrascolaires. Toutefois, même en tenant compte de cette dimension familiale, les activités structurées et régulières conservent un impact positif propre.

Enfin, l’étude aborde la place des écrans. Bien qu’il soit difficile d’étudier la satisfaction des 10-15 ans au prisme de la possession d’un smartphone (puisque plus de 90 % en possèdent), il est établi qu’un usage prolongé est associé à un bien-être moindre. Les écarts deviennent importants lorsque le temps d’écran dépasse le seuil de trois heures par jour (0,25 à 0,5 point de moins). La limitation de l’usage du smartphone apparaît donc comme un levier supplémentaire d’amélioration du bien-être des jeunes.

Référence : Blanc Corin, Laubier Eugénie (de) et Perona Mathieu, « Comment vont les enfants ? », Observatoire du bien-être du CEPREMAP, n° 2025-21, 22 octobre 2025.