Revue

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Interdire la publicité pour les produits et services néfastes à l’environnement ?

Même s’il n’existe pas de données officielles, selon certaines sources, dans les pays riches, les individus seraient exposés chaque jour à plusieurs milliers de messages publicitaires et de stimuli commerciaux. Les supports de la publicité ne cessent en effet de se diversifier : panneaux lumineux dans l’espace public et les transports, sites Internet, plates-formes de vidéos et de musique, vitrines des commerces mais aussi grands monuments privatisés temporairement par des marques, voire des toilettes… Et le marché publicitaire représente, en France, environ 24 milliards d’euros, soit plus de 1 % du produit intérieur brut (PIB), ainsi que la moitié des recettes de la télévision et de la radio [1]. La publicité est donc, au cœur de la société de consommation, un levier majeur pour susciter le désir et stimuler les ventes.

Son omniprésence fait l’objet, depuis de nombreuses années, de critiques parce qu’elle incite à l’achat de produits et services qui peuvent s’avérer néfastes pour la santé, ou parce qu’elle entretient des imaginaires d’hyperconsommation qui peuvent être source de frustration, voire encourager certains individus à consommer au-delà de leurs moyens. La publicité a aussi régulièrement été accusée de véhiculer des messages discriminants (qui peuvent traduire sa difficulté à intégrer certaines évolutions des normes sociales) : racisme, puis sous-représentation des minorités ethni