À l’initiative du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), António Guterres, un « Sommet de l’avenir » a été organisé au siège de l’ONU les 22 et 23 septembre 2024. L’ordre du jour de ce sommet portait sur un très large éventail de questions : la paix et la sécurité, le développement durable et donc aussi le changement climatique, la coopération numérique, les droits humains, le genre… Aussi pouvait-on craindre qu’il se solde au mieux par une déclaration de bonnes intentions sans réelles implications concrètes.
Essayons néanmoins d’être positifs. On ne peut que se réjouir que l’ONU reconnaisse ainsi la crise du multilatéralisme et la nécessité d’une réflexion prospective sur un nouvel ordre mondial, sinon peut-être sur la nécessité de repenser des institutions internationales fondées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dont la paralysie actuelle est saisissante dans un contexte mondial particulièrement chaotique. La question qui, en la matière, s’impose est de savoir comment organiser un véritable travail sur les futurs possibles avec les parties prenantes, sans pour autant mettre en place une « usine à gaz ».
À l’issue de ce sommet, un Pacte pour l’avenir a été adopté. António Guterres ayant déclaré que « nous ne pouvons construire un avenir pour nos petits-enfants avec un système construit pour nos grands-parents », il s’est félicité d’un « accord historique » devant relancer le multilatéralisme miné par les guerres et le changement climatique, et jeter les bases d’un « ordre mondial durable, juste et pacifique ». Ce pacte vise à accentuer et accélérer les mesures pour faire face à la crise climatique et environnementale. Il rappelle que « nous sommes confrontés à des risques de catastrophes et des risques existentiels croissants, la plupart causés par les choix que nous faisons ». Il souligne aussi que les engagements politiques actuels restent insuffisants et trop progressifs face à l’urgence. Ses auteurs considèrent que des réponses rapides et structurelles sont désormais indispensables, d’où leur plaidoyer pour un renforcement de la coopération internationale. Pour cela, le document liste 56 actions visant à protéger les besoins et les intérêts des générations actuelles et futures.
Ce pacte a été adopté par l’Assemblée générale des Nations unies, mais il n’a pas de valeur prescriptive et constitue donc, avant tout, une brique supplémentaire pour consolider le contexte réglementaire international. Toutefois, si sur certains points comme les énergies fossiles, les pétro-États ont tenté de le faire dérailler, l’abandon des combustibles fossiles et le triplement de la part des énergies renouvelables ont été réaffirmés, tout comme les objectifs climatiques fixés lors de l’accord de Paris de 2015. Surtout, a été reconnue la nécessité de réformer l’architecture financière internationale (y compris donc la dette souveraine), afin qu’elle « représente et serve mieux les pays en développement ».
Il s’agit certes d’une résolution non contraignante, qui risque donc de rester lettre morte, mais attendons de voir si la prochaine Conférence des parties (COP29), qui doit se tenir fin novembre 2024, et l’évaluation des plans nationaux pour le climat, prévue début 2025, fournissent des signes encourageants concernant l’action en faveur de l’atteinte de la neutralité carbone.





