L’escalade entre Israël et l’Iran, ces dernières semaines, a relégué au second plan la plus importante perturbation qu’ait connue le commerce mondial de l’énergie depuis un an. Depuis la mi-novembre 2023, les Houthis ont lancé des dizaines d’attaques contre des navires commerciaux, tirant des missiles et des drones en direction des navires transitant par la mer Rouge, le détroit de Bab el-Mandeb et les zones environnantes. Ils ont également visé à plusieurs reprises le territoire israélien, notamment dans la nuit du 13 avril 2024, suite aux tirs de barrage de Téhéran.
Cependant, le groupe islamiste yéménite est bien plus qu’un simple relais de l’Iran. La stratégie astucieuse adoptée pour cibler les navires a conduit l’Occident, et en particulier l’Europe, à prendre conscience de la menace ostensible que représentent les perturbations des flux d’énergie dans les points de passage maritimes stratégiques. Environ 15 % du commerce mondial passent par la mer Rouge et 12 % du commerce international transitent par le canal de Suez. Une grande partie de ce volume de marchandises est constituée de pétrole brut, de produits pétroliers et de gaz naturel liquéfié (GNL). Mais comment une faction d’irréductibles engagés dans une guerre civile depuis 10 ans a-t-elle pu, en l’espace de quelques semaines seulement, remodeler la géopolitique de l’énergie ?
Ne contrôlant qu’une partie du Yémen, les Houthis ont su résister à une coalition dirigée par l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis (EAU), dans une guerre prolongée qui a provoqué l’une des pires crises humanitaires de l’histoire réc



