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Réemploi et recyclage : les solutions du secteur spatial

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Alexis Paillet est chef de projet au sein de Spaceship France. L’ambition du réseau Spaceship, initié par l’Agence spatiale européenne (ESA) en 2012 et porté depuis 2018, en France, par le Centre national d’études spatiales (CNES), est de contribuer à la recherche et au développement d’une partie des technologies qui ont été identifiées comme clefs pour l’établissement de bases permanentes sur la Lune puis sur Mars. Valentin Fournel est directeur Éco-conception et réemploi chez Citeo, un éco-organisme dont l’activité est réglementée par l’État, créé par les entreprises du secteur de la grande consommation et de la distribution pour réduire l’impact environnemental de leurs emballages et papiers, en leur proposant des solutions de réduction, de réemploi, de tri et de recyclage. Ensemble, le CNES et Citeo collaborent pour réfléchir aux cycles de vie et au recyclage des biens et consommables qui serviront aux futures missions lunaires et martiennes. Dans cette interview, Alexis Paillet et Valentin Fournel exposent les pistes que les deux structures étudient conjointement.

Quelles sont les réflexions actuelles sur le cycle de vie des objets et le recyclage au sein de la Station spatiale internationale (ISS) ? Qu’est-ce qui change par rapport aux contraintes terrestres ?

Alexis Paillet : Aujourd’hui, il n’y a pas beaucoup de recyclage dans l’ISS, qui fonctionne principalement avec des consommables, que ce soit pour l’alimentation (pas de production in situ), l’air et l’eau (qui ne sont que partiellement réutilisés à l’aide de cartouches elles-mêmes jetables), les vêtements, les produits d’hygiène… Les astronautes mettent les déchets dans des conteneurs, qui sont ensuite brûlés dans l’atmosphère terrestre. Avec la possibilité d’un ravitaillement tous les mois, c’est la solution la moins onéreuse.

Or, nous n’aurons pas cette possibilité dans le cadre des missions lunaires, où les astronautes pourraient n’être ravitaillés que tous les six mois, et encore moins dans celui des missions martiennes, où les ravit