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La stratégie énergétique de l’Inde au milieu du gué

En mai 2014, Narendra Modi accède au pouvoir en Inde, mettant fin à la domination du Parti du Congrès. Parmi ses promesses figurent la diffusion dans l’ensemble du pays des succès obtenus dans son État du Gujarat, tels que l’accès à l’électricité pour tous. Cette « révolution safran [1] » est l’un des scénarios pour une Inde dont la demande d’électricité pourrait égaler en 2040 celle des États-Unis aujourd’hui [2].

Le nouveau gouvernement veut répliquer la croissance industrielle de la Chine. Cela implique une énergie abondante, fiable et bon marché, qui doit contribuer à faire de l’Inde l’un des leaders industriels mondiaux. Ministre en chef du Gujarat, Narendra Modi a promu les énergies vertes (la plus grande centrale solaire d’Asie, un canal couvert de panneaux solaires…) en s’appuyant sur le secteur privé. Premier ministre de l’Inde, il est confronté aux bureaucraties, à un réseau électrique peu entretenu (blackout de deux jours en 2012) [3] et au monopole de Coal India dans la production d’électricité.

Si l’Inde a souscrit aux accords de la COP21 (21e conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques) et retient la leçon chinoise en matière de pollution charbonnière, le gouvernement veut aussi promouvoir le charbon domestique et limiter les importations. La part du charbon dans la deman