Revue

Revue

“De-risking” : éclairage sur un nouveau concept

en
La notion de de-risking — réduction des risques — est de plus en plus présente dans le discours des responsables politiques occidentaux. Au-delà une volonté légitime d’atténuer l’impact de nouvelles ruptures géopolitiques sur les chaînes de valeur, le concept se veut porteur de réponses aux dépendances problématiques vis-à-vis de Pékin (métaux critiques, semi-conducteurs…). Il pourrait déboucher sur des mesures aux conséquences sérieuses pour toute entreprise commerçant avec la Chine.

Forgé par la présidente de la Commission européenne, le concept de de-risking a été repris aux États-Unis, en avril 2023, par Jake Sullivan, conseiller à la Sécurité nationale de Joe Biden. Celui-ci en justifie la nécessité en observant le relatif échec de la mondialisation heureuse telle que prônée par la philosophie libérale, dans une allocution donnée à la Brookings Institution : « L’intégration économique n’a pas empêché la Chine d’étendre ses ambitions militaires dans la région, ni la Russie d’envahir ses voisins démocratiques. Aucun des deux pays n’est devenu plus responsable ou plus coopératif. » Dans un monde où l’étau politique se resserre autour des relations économiques et financières internationales, le de-risking se veut moins radical que d’autres termes en vogue en Europe ces dernières années : « le découplage suggère une séparation radicale, tandis que le “de-risking” […] implique de limiter les risques tout en évitant une rupture nette », commente Agathe Demarais, chercheuse à l’European Council on Foreign Relations. Reste à définir plus précisément ce que recouvre ce terme, parfois brocardé pour son ambiguïté.