Revue

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Oublier ou punir ?

Justice pénale internationale et politique

Analyse de livre

Le livre de Jean-Paul Chagnollaud est à lire absolument. Richement documenté sur un plan historique et écrit avec talent, il retrace comment sont apparus, assez récemment, le droit humanitaire et le droit pénal international, aujourd’hui sérieusement remis en cause, comme beaucoup d’instances multilatérales établies au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en raison du retour d’intenses rivalités entre puissances et de la violence contre le droit.

Chagnollaud Jean-Paul, Oublier ou punir ? Justice pénale internationale et politique, Paris : Le Cavalier bleu, janvier 2026, 248 p.

Couverture du livre de Jean-Paul Chagnollaud, Oublier ou punir ? Justice pénale internationale et politique.

En introduction, l’auteur montre comment, pendant des siècles, les dirigeants, s’appuyant sur le principe de la souveraineté des États, se sont permis les pires crimes et, une fois les conflits apaisés et l’amnistie déclarée, de prôner leur oubli (l’amnésie). Il illustre son propos par quelques épisodes bien connus des historiens (guerres de religion au XVIe siècle, Révolution française et amnistie de 1795, Commune de Paris en 1871…). Dans un bref chapitre consacré à la guerre d’Algérie, il montre aussi combien reste prégnante l’illusion que la paix puisse s’accompagner d’un « apaisement des cœurs et des esprits ». En bref, combien l’impératif de l’oubli est naïf, comme l’est tout autant la prétention de certains dirigeants de réinventer l’Histoire [1].

Faisant ensuite un bref détour pour rappeler comment Machiavel expliquait qu’en certaines circonstances « la guerre se présente donc comme une nécessité pour le Prince », l’auteur rappelle la théorie de Thomas Hobbes concernant le pouv