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L’Europe restera-t-elle sans défense commune ?

Cet article fait partie de la revue Futuribles n° 471, mars-avril 2026

Depuis le lancement de cette chronique (initialement « tribune ») européenne en juin 2007, son auteur, Jean-François Drevet, a régulièrement alerté nos lecteurs sur les limites et faiblesses d’une Union européenne qui négligerait les enjeux de sécurité et de défense, en les laissant dans le pré carré des prérogatives exclusivement nationales. La plupart des États membres ne voyaient pas l’intérêt de développer une politique commune en ce domaine dès lors que les États-Unis leur offraient un parapluie de protection dans le cadre de l’Alliance atlantique.

Mais le vent a tourné, comme on l’avait déjà pressenti lors du premier mandat de Donald Trump (voire dès celui de Barack Obama), et les Européens réalisent, dans la douleur, qu’il va leur falloir reprendre leur défense en main, réinvestir dans le recrutement, la formation et l’équipement de leurs forces armées. Et compte tenu de la réémergence des logiques d’empire, il va de soi que pour peser, seule l’union pourra faire la force. Malheureusement, l’histoire de la construction européenne témoigne des difficultés à avancer collectivement vers une défense commune ; plus récemment, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni (qui ne fait plus partie de l’Union) ont dû amorcer une alliance distincte — la Coalition des volontaires — pour soutenir l’Ukraine et amorcer un changement d’échelle dans leur coopération sécuritaire.

L’Europe est-elle en mesure de franchir le pas et de mettre en place une défense commune ? Telle est la question ici traitée par Jean-François Drevet, qui souligne les limites existant depuis longtemps dans ce domaine, examine le potentiel de cette Coalition des volontaires et rappelle les leçons à tirer du projet de Communauté européenne de défense dont l’échec, en 1954, a ouvert la voie à la construction économique européenne, mais fermé (pendant plus de 70 ans) celle de la défense commune.