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L’Europe face à la guerre russe

Un essai de clarification

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Cet article fait partie de la revue Futuribles n° 471, mars-avril 2026

Quatre ans ont passé depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Sur le terrain, les forces en présence sont entrées dans une guerre d’usure. Et sur le plan diplomatique, les discussions n’avancent guère malgré la pression intermittente du président Trump sur les parties, ménageant la chèvre et le chou mais ne débouchant sur aucun cessez-le-feu durable ni aucun protocole de paix. En Europe, la guerre demeure une préoccupation centrale mais la position à adopter, sur fond de repli étatsunien, reste débattue. À mesure que se prolonge le conflit, la polarisation s’accentue et il devient de plus en plus difficile, pour les Européens, de se mettre d’accord sur la stratégie à adopter. Cette situation résulte, selon Joris Van Bladel, de la coexistence de plusieurs cadres d’interprétation incompatibles, voire inconciliables, qui renforcent la vulnérabilité stratégique de l’Europe, et que Moscou exploite à son profit.

L’auteur nous invite ici à nous affranchir, du côté russe, d’un débat très largement idéologique et à partir d’une observation attentive des faits qui, selon lui, révèle une stratégie reposant sur trois piliers : (1) la violence, l’usage de la force (ce qu’il appelle « le feu »), moteur du système qui engendre des pertes et destructions ; (2) une confrontation de longue durée entre la Russie et l’Europe, Alliance atlantique incluse (« le gel ») ; et (3) « le brouillard », qui renvoie à l’opacité entretenue par Moscou en matière d’information, de capacités de défense, etc. Selon Joris Van Bladel, un tel triptyque contraint à une certaine discipline dans l’analyse, réduit les angles morts résultant des lectures unidimensionnelles, et rend ainsi possible une lecture commune, étape incontournable en vue d’une stratégie commune.