Au moment où va s’engager le processus de transposition de la directive européenne sur le travail de plate-forme, deux ouvrages viennent documenter la problématique des conditions de travail et du statut d’emploi des livreurs de plate-forme. Le premier est un rapport de l’ANSES, émis à la suite d’une saisine par la Confédération générale du travail (CGT) en 2021, dans le but d’évaluer les risques pour la santé des travailleurs des plates-formes numériques de livraison de repas. Le second est un ouvrage collectif et multidisciplinaire, rédigé sous la direction d’Isabelle Daugareilh (directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique), intitulé La plateformisation du travail. Nouvelle forme d’emploi, nouvelle forme d’organisation ?
Travailleurs des plateformes numériques de livraison de repas, Avis de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), rapport d’expertise collective, mars 2025, 268 p. ; et Daugareilh Isabelle (sous la dir. de), La Plateformisation du travail. Nouvelle forme d’emploi, nouvelle forme d’organisation ?, Bruxelles : Bruylant (Paradigme), janvier 2025, 574 p.
Ces deux parutions interviennent dans la foulée de la publication au Journal officiel de l’Union européenne, le 11 décembre 2024, de la directive européenne sur les travailleurs de plate-forme. Cette directive devant être transposée en droit national au plus tard le 2 décembre 2026, elles viennent donc nourrir les réflexions des groupes de travail parlementaires qui s’organisent d’ores et déjà aux niveaux français et européen. Nous tenterons ici de mettre en lumière, en quelques lignes, leurs approches à la fois convergentes et complémentaires de ce sujet.
La plateformisation comme transformation structurelle du travail
Pour commencer, le rappor



