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Enjeux économiques de la transition vers la neutralité carbone

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La direction générale du Trésor français a publié, en janvier 2025, la version finale de son rapport sur les enjeux économiques de la transition vers la neutralité carbone, une analyse approfondie des conséquences économiques de la décarbonation. Selon elle, la transition bas-carbone en France représente un défi d’ampleur surmontable et de durée modérée pour la croissance économique, dont les effets sur les finances publiques sont importants mais peuvent être maîtrisés. Surtout, les coûts de la décarbonation sont très inférieurs à ceux qui découleraient de l’inaction climatique.

Inspirée par la Net Zero Review conduite par le Trésor britannique, cette étude croise les dimensions macroéconomique et sectorielle, et intègre les enjeux pour les entreprises, le marché du travail, le commerce extérieur, les ménages et les finances publiques. Elle s’appuie sur les travaux de planification écologique, la littérature économique et l’analyse des données disponibles, et recourt aux comparaisons internationales afin d’identifier les bonnes pratiques à l’étranger, mais aussi les écueils à éviter en matière de transition vers la neutralité climatique.

À long terme, les politiques d’atténuation du changement climatique induisent donc des bénéfices comparativement à un scénario d’inaction (pas de prise en charge des catastrophes évitées, gains de productivité des technologies bas-carbone, amélioration de la sécurité d’approvisionnement et de la souveraineté énergétique, meilleure qualité de vie et santé, etc.). Mais pour y parvenir, il faut un pilotage par les politiques publiques et un effort financier conséquent : les besoins d’investissements supplémentaires dans la neutralité carbone sont estimés à 110 milliards d’euros à l’horizon 2030, par rapport à 2021 (graphique ci-dessous).

Besoins d’investissements bas-carbone supplémentaires en France dans un scénario provisoire AMS de la SNBC-3* (en milliards d’euros par an)

*AMS : absence de mesures supplémentaires ; SNBC : stratégie nationale bas-carbone.

Source : slides de présentation du rapport de la DG Trésor, p. 10.

Le rapport indique les raisons pour lesquelles une action publique incitative est nécessaire ; il souligne l’importance des coordinations internationales en matière climatique pour atténuer les coûts de la transition. Compte tenu de l’état des dépenses publiques en France, une grande part de l’investissement doit venir du privé (le rapport propose un tableau comparatif des instruments de finance durable). Les auteurs montrent ensuite que la transition a des effets très différents suivant les ménages (en fonction de leur revenu, leur lieu de vie, etc.) et liste une série de mesures d’accompagnement et d’aide financière ciblées.

Autre élément à retenir : l’industrie manufacturière française a réussi à découpler ses émissions de gaz à effet de serre et sa production, et est en avance en matière de décarbonation à l’échelle mondiale. Enfin, plusieurs chapitres thématiques ou sectoriels sont proposés (poursuite de la décarbonation du système énergétique, du transport, de l’agriculture, du logement, enjeux en termes d’emplois, de finances publiques, poursuite de l’adaptation…).

Le document de présentation (75 p.) permet une bonne visualisation de tous ces enjeux économiques de la transition. Et pour une analyse plus fine, très détaillée, le rapport complet (260 p.) est une mine d’informations.