Dans sa préface à l’édition 2024 du rapport annuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), son directeur, Fatih Birol, souligne que l’énergie est désormais entrée dans une zone de turbulences provoquées par les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, par des troubles climatiques de plus en plus fréquents et l’instabilité des marchés qui fragilisent les approvisionnements énergétiques. Mais il constate aussi la croissance de la production d’énergies « propres », notamment d’électricité (avec de faibles émissions de CO2).
AIE (Agence internationale de l’énergie), World Energy Outlook 2024, Paris : AIE, octobre 2024, 398 p.
Trois thèmes constituent la trame des sept chapitres de ce rapport : la sécurité énergétique dans un contexte géopolitique instable ; le soutien à la croissance des énergies propres ; et les incertitudes politiques (électorales notamment), techniques (rapidité des progrès) et climatiques (dérèglements météorologiques). Le premier chapitre présente trois scénarios pour l’énergie mondiale, en 2030 et en 2050 — avec une croissance annuelle de 2,5 % du produit intérieur brut (PIB) mondial.
Le scénario Stated Policies (STEPS), fondé sur l’évolution récente des politiques nationales et de la demande d’énergie, table sur la faible croissance de cette demande (0,5 % par an, au lieu de 1,4 % sur la dernière décennie) jusqu’en 2050 et le triplement de la consommation d’énergies propres, mais avec 58 % d’énergies fossiles. Le scénario Announced Pledges (APS) tient compte de la capacité des États à atteindre leurs objectifs énergétiques ; celui intitulé Net Zero Emissions by 2050 (NZE), le plus



