Revue

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Tous toujours plus vieux et en meilleure santé ?

En France, les personnes vivent en moyenne de plus en plus longtemps, mais le gain d’années à vivre est-il pour autant toujours associé à des années de vie en bonne santé ? Les dernières données disponibles, publiées par la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), tendraient à le prouver.

L’espérance de vie sans incapacité, également dénommée espérance de vie en bonne santé ou espérance de santé, mesure le nombre d’années qu’une personne peut espérer vivre sans souffrir d’incapacité dans les gestes de la vie quotidienne. Cet indicateur synthétise les réponses à la question posée dans le cadre du dispositif EU-SILC (European Union Statistics on Income and Living Conditions) : « Êtes-vous limité(e), depuis au moins six mois, à cause d’un problème de santé, dans les activités que les gens font habituellement ? » Les personnes qui répondent « Oui, pas fortement » ou « Oui, fortement » sont considérées en incapacité, la précision « fortement » permettant de repérer les personnes en situation de handicap.

En France, la collecte annuelle des informations est réalisée par l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques), auprès d’un échantillon exclusivement composé de ménages ordinaires [1] (22 000 en 2023 ; champ : France hors Mayotte). À chaque âge, pour les hommes et pour les femmes, la somme des années vécues en incapacité (tous degrés ou forte) est déduite de la somme des années vécues tous états de santé confondus à la naissance (notée E0) ou à 65 ans (E65) pour estimer des espérances de vie sans incapacité (EVSI0 et EVSI65) et des espérances de vie sans incapacité forte (EVSIF0 et EVSIF65).

Résultats

Entre 2008 et 2023 [2], la croissance des EVSI et EVSIF est plus élevée à 65 ans qu’à la naissance, ainsi que pour les hommes comparativement aux femmes. Pour celles-ci, EVSI0 a même légèrement régressé au cours de cette péri