Agnès Sinaï est journaliste environnementale et directrice de l’Institut Momentum, réseau de réflexion sur les politiques de l’Anthropocène, les effondrements et la décroissance, qu’elle a fondé en 2011. Dans Réhabiter le monde, elle explore les fondements et les possibilités offertes par le concept de biorégionalisme pour repenser la ville.
Elle part du constat que les villes sont l’épicentre de l’Anthropocène. Londres est la première ville « anthropocénique » à avoir atteint le million d’habitants dans les années 1820. À partir de là, l’expansion des villes en Europe et aux États-Unis a été sans limites. En effet, alors que la taille des villes a longtemps été restreinte par la productivité agricole de l’arrière-pays, les contraintes se sont allégées avec le développement des réseaux ferroviaires. Les villes ont consommé et consomment encore aujourd’hui des volumes toujours plus importants d’eau, d’énergie et de matériaux provenant de régions de plus en plus éloignées de leur espace de vie.
Le biorégionalisme propose une reconnexion à l’« espace vécu » de la ville, c’est-à-dire un rééquilibrage géographique et cartographique sur ce qui est produit, consommé, vécu au cœur d’un bassin de vie. Il utilise le concept de réhabitation où c



