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Pauvreté en France : augmentation ou stabilisation ?

Attendus chaque année en France, les chiffres de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) sur la pauvreté font légitimement parler. La dernière livraison porte sur l’année 2023. On notera d’emblée que ces données paraissent toujours avec un décalage certain par rapport à l’actualité. Cette distance temporelle s’explique par la source choisie, une enquête sur les revenus fiscaux et sociaux qui ne peuvent se calculer, pour une année n, qu’après avoir été déclarés en n+1 et retraités en n+2. Bref, méthodologiquement, le choix conduit à ne disposer d’informations solides qu’avec un délai d’un an et demi. D’autres pays, comme les États-Unis ou l’Argentine (où le sujet de la pauvreté est scruté à pas bien plus rapprochés), abordent différemment les statistiques de la pauvreté, à partir d’enquêtes sur des échantillons plus restreints, ce qui permet des chiffres plus frais.

Les constats

Dans le cas français, la livraison 2023 n’a pas manqué d’être particulièrement répercutée. Selon l’indicateur le plus classique employé en France, comme dans l’Union européenne, le taux de pauvreté et le nombre de pauvres ainsi décomptés ont connu un pic en 2023. Le principal coupable, selon l’INSEE ? L’inflation. Or l’inflation a fortement reculé ensuite. Que dira donc l’affichage officiel de la pauvreté en 2024 ? On le saura au milieu de l’année 2026. Et rien ne permet de déduire mécaniquement l’évolution de la pauvreté de l’évolution de la seule inflation. D’ailleurs, pour 2023, l’INSEE met égale