Revue

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Ni Dieu ni IA

Une philosophie sceptique de l’intelligence artificielle

Analyse de livre

« Il est légitime de penser que ce livre […] est lui-même le produit d’une combinatoire informatique, et non un livre écrit par Mathieu Corteel. » Une bien curieuse manière de commencer son ouvrage. Dans Ni Dieu ni IA, le philosophe Mathieu Corteel nous invite à questionner notre rapport à l’intelligence artificielle (IA). Loin d’un techno-fatalisme facile, l’auteur se veut sceptique, et entend provoquer l’esprit critique par la logique et le paradoxe. La culture, le médical (chapitre 4), la sécurité (chapitre 5), la finance et le travail (chapitre 6) et la morale (chapitre 7) sont autant de thèmes abordés à travers de nombreuses références. Cet ouvrage reste cependant difficile à aborder et à comprendre, et contient quelques erreurs ou approximations de logique.

Corteel Mathieu, Ni Dieu ni IA. Une philosophie sceptique de l’intelligence artificielle, Paris : La Découverte, avril 2025, 240 p.

L’IA est une machine allopoïétique, c’est-à-dire qu’elle produit du contenu qui n’a aucun sens pour elle-même ; cela n’en a que dans le système de représentation des humains, qui sont autopoïétiques. Ces deux types de système, introduits à l’origine par Francisco Varela, Mathieu Corteel les utilise dans son ouvrage pour bien rappeler la différence entre l’IA et l’humain, et montrer que la relation entre les deux conduit à une aliénation et une exploitation de la force-invention (créativité, intelligence, innovation), connaissance