La demande mondiale en eau pourrait croître de plus de 50 % d’ici 2050 sous l’effet de l’augmentation de la population et des besoins agricoles et industriels [1]. Dans le même temps, le cycle de l’eau est perturbé par les activités humaines : les épisodes de fortes précipitations, de plus en plus intenses et fréquents, sont observés sur de nombreuses parties du globe, alors que des régions entières s’assèchent — de nombreux territoires sont confrontés à la progression des deux aléas. Au carrefour des technologies de pointe d’observation de la Terre depuis l’espace, de la géophysique et de la modélisation avancée, l’hydrologie spatiale est désormais un pilier pour répondre à ces questions. Elle propose des outils inédits pour surveiller, comprendre et anticiper l’évolution des ressources en eau, ainsi que des phénomènes extrêmes [2].
Projections de l’évolution de la fréquence des inondations fluviales (changements à l’horizon 2071-2100 par rapport à 1970-2000), selon trois scénarios du GIEC
Lecture : la carte présente l’intensification des inondations d’ici la fin du siècle selon trois scénarios du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Ces scénarios « SSP » (Shared Socio-economic Pathways), sont désignés par le numéro du scénario socio-économique utilisé pour développer la trajectoire d’émissions, suivi de la valeur approximative du forçage radiatif (en watts par m2) atteint à la fin du siècle. Par exemple, sur la carte (b) SSP2-4.5 correspond au 2e scénario, le tendanciel, avec forçage de 4,5 watts/m2 (cette trajectoire correspond à un niveau de réchauffement d’environ 2,7 °C d’ici 2100 par rapport à la période préindustrielle). Le SSP1-2.6 (a) est un scénario optimiste dans lequel les émissions de gaz à effet de serre seraient faibles ; le SSP5-8.5 (c) est à l’inverse un scénario pessimiste tablant sur un niveau d’émissions très élevé.
Source : Figure 4.17 in Climate Change 2022: Impacts, Adaptation, and Vulnerability. Contribution of Working Group II to the Sixth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change, Genève : GIEC, 2022.
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