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Le recrutement à l’ère des algorithmes : avec ou sans contact ?

Selon un article du Forum économique mondial, en 2025, environ 88 % des entreprises, dans le monde, utiliseraient déjà une forme d’intelligence artificielle (IA) au début des processus de recrutement (présélection des candidats). Ce chiffre, repris par de nombreuses sources, ne peut qu’interpeller. Il ne renvoie en effet à aucune enquête fiable. Le recours à l’IA par les entreprises dans les processus de recrutement semble bel et bien se développer, mais comprendre l’ampleur du phénomène suppose une analyse fine et critique des données disponibles.

La plus forte progression concernant l’adoption de l’IA par les recruteurs aurait été observée entre 2023 et 2024 : la part d’entreprises concernées serait passée de 26 % à 53 % d’après le rapport Future of AI and Recruitment Technologies 2024-25 publié par le HR Research Institute, qui a réalisé une enquête auprès de 237 responsables des ressources humaines (RH) « partout dans le monde, mais majoritairement aux États-Unis et dans des grandes organisations ». La moitié des entreprises interrogées déclarent avoir utilisé de l’IA dans leurs recrutements en 2024, soit deux fois plus qu’en 2023. Cette période correspond à la première année ayant suivi le lancement de ChatGPT fin 2022, symbole de la démocratisation de l’IA générative.

De nombreuses études anticipent une forte croissance du marché de l’IA dans le recrutement, au moins jusqu’en 2030 [1]. L’institut Grand View Research estime qu’il pourrait représenter plus de 15 milliards de dollars US à cet horizon, contre environ 5 milliards aujourd’hui, en conservant un taux de croissance annuel de 24,8 %.