Depuis 2023, Amazon constate une déferlante de livres publiés chaque jour sur sa plate-forme Kindle Direct Publishing. La rédaction d’ouvrages avec l’intelligence artificielle (IA), couplée à la démocratisation de l’autoédition, en est la principale raison. En septembre 2023, la plate-forme a alors imposé une limite de trois livres par auteur publiés chaque jour, obligeant également le dépositaire à spécifier le potentiel usage de l’IA. Si cette restriction semble anecdotique face à l’ampleur du phénomène, d’autant qu’Amazon est le seul acteur à avoir formalisé des règles de ce type, elle reste le reflet d’une dynamique majeure liée à l’IA dans le secteur de l’édition.
Un label « Création humaine » a été créé en France en mai 2023, permettant au public « de distinguer une création humaine d’un contenu généré par l’IA » (texte et visuels), après un service d’analyse et de certification d’ouvrage payant. Pourtant, malgré sa médiatisation initiale et son association avec la plate-forme d’autoédition Librinova, ce label semble aujourd’hui inexistant dans le secteur de l’édition. Un label similaire a été créé début 2024 pour tous les types d’œuvre : intitulé Fabrication humaine et reposant sur un acte déclaratif, il reste lui aussi méconnu.
La faiblesse des initiatives visant à discriminer les œuvres produites par l’IA s’explique peut-être par l’imperfection des détecteurs d’IA, ou par une utilité limitée dans les parcours d�


