« Comment le travail, colonne vertébrale de la gauche depuis ses origines, a-t-il pu lui être dérobé par ses adversaires ? Et comment, surtout, reconquérir ce thème essentiel, en faire la priorité de la gauche ? » Voilà les questions éminemment pertinentes [1] que se pose Paul Magnette, qui allie les qualités de professeur de théorie politique à l’université libre de Bruxelles et de président du parti socialiste belge. Il le fait exactement en même temps et de la même manière qu’un autre responsable politique de gauche, français celui-là, François Ruffin [2], en mobilisant les nombreux témoignages recueillis lors de contacts avec les électrices ou électeurs, ainsi que les acquis de la recherche en sciences du travail (psychologie, ergonomie, sociologie, statistique…), mobilisés à bon escient [3].
Tant les témoignages recueillis que les travaux en sciences sociales soutiennent la thèse selon laquelle le travail, en tant qu’activité, possède et conserve une place centrale dans la construction des personnes, de leur santé et de leurs liens sociaux. Paul Magnette montre bien « comment le travail nous construit », par la confrontation avec la résistance du réel qui nous permet de développer notre ex


