Le 8 octobre 2025, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a accueilli la cérémonie de lancement du grand exercice de prospective nationale « France 2035, France 2050 », porté par le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan. Pendant 10 mois, experts, chercheurs, artistes, représentants du monde économique, social et administratif vont unir leurs réflexions pour penser l’avenir du pays à moyen et long termes, éclairer l’action publique et replacer le temps long au cœur des décisions politiques.
Pour la première fois dans l’histoire des exercices de prospective nationale, « France 2035, France 2050 » combinera deux horizons complémentaires : celui de 10 ans, qui correspond au cadre habituel de la planification publique, et celui de 25 ans, soit l’échelle d’une génération. L’exercice doit proposer des scénarios à la fois probables et souhaitables à ces deux horizons, mais s’attacher également à formuler des propositions concrètes pour orienter et transformer le futur visage de la France.
Le CESE, présenté par son président Thierry Beaudet comme une « chambre du futur », veut être un lieu de participation citoyenne et de réflexion sur les grandes transformations économiques, sociales et écologiques. Ses 175 membres, issus de plus de 80 organisations de la société civile, ont identifié 10 thématiques majeures pour organiser la démarche, parmi lesquelles : défi démographique, modèle social, crise écologique, fracture démographique, cohésion territoriale, etc.
Des groupes de travail, dirigés par des personnalités de référence dans leur domaine, auront pour mission d’identifier des scénarios et des propositions de transformation. Plusieurs partenariats doivent donner une large ouverture à l’exercice sur la société française : une grande consultation citoyenne sera lancée avec le CESE dès janvier 2026 ; des écrivains et scénaristes seront invités à imaginer la France de demain ; et des échanges seront menés dans les écoles pour associer les jeunes à la réflexion. Le rapport final sera remis au président de la République en juin 2026, avant d’être publié et accessible au grand public.
Afin d’accompagner le lancement de ce grand exercice, un sondage national a été réalisé sur les perceptions des Français face à l’avenir. Présentés par Jean-Daniel Lévy (directeur d’Harris Interactive), les résultats s’avèrent contrastés : seuls 20 % des sondés pensent qu’ils seront plus heureux en 2035, tandis que 34 % s’attendent à l’être moins. Les jeunes de moins de 25 ans se montrent plus optimistes (50 %), mais c’est bien le pessimisme qui domine concernant la France dans son ensemble : déficit public, éducation, sécurité et retraites sont jugés en déclin par plus des deux tiers des répondants. À l’horizon 2050, les craintes se renforcent : 65 % des Français pensent que le climat deviendra difficilement supportable, et 67 % estiment que l’argent liquide ne sera plus utilisé. Devant ces résultats, Jean-Daniel Lévy appelle à orienter le plus possible les travaux prospectifs vers l’action, afin d’apporter des influences et impacts concrets sur les politiques publiques.
La seconde partie de l’événement était dédiée à une table ronde réunissant plusieurs personnalités du monde économique, social et intellectuel : Anne-Charlène Bezzina (constitutionnaliste, université de Rouen et Sciences Po), Pascal Demurger (directeur général de la MAIF et coprésident d’Impact France), Chloé Morin (essayiste, directrice générale de POLLitics) et Yascha Mounk (politologue, Tony Blair Institute for Global Change). Cette table ronde a permis d’aborder des sujets tels que la volonté et la nécessité de bâtir des récits collectifs positifs, le manque d’imagination et d’ambition des Européens, le rôle du populisme et de la démocratie procédurale, l’importance de la communication et de l’implication des citoyens…, en concluant que l’optimisme est une question de choix.
Détails de la démarche, présentation et édito de Clément Beaune en ligne sur le site du Haut-Commissaraiat à la stratégie et au plan.





