Dans ce livre, Thomas Michaud s’intéresse aux liens entre science-fiction (SF) et organisations : entreprises, administrations, etc. Il nomme donc cette intrication, devenue une tendance de fond, « science-fiction institutionnelle », en ce que le genre est utilisé par et pour des institutions afin de construire leur vision, leur légitimité et leurs projections stratégiques. Il faut reconnaître le travail de long terme mené par l’auteur sur les liens entre science-fiction, innovation et prospective, qui a été marqué par plusieurs publications d’essais, même s’il s’aventure aussi du côté de la fiction.
À travers ce nouveau livre, travail de documentation très complet, il retrace la naissance du design fiction et d’autres méthodologies puisant dans les imaginaires, et étudie les liens ambigus que la science-fiction entretient avec la science, les processus d’innovation, la prospective, la pensée universitaire, et plus globalement avec le capitalisme. L’auteur cite d’ailleurs régulièrement les travaux de Robert Shiller sur « l’économie narrative », qui caractériserait le capitalisme à l’âge du storytelling.



