« Nous sommes piégés à l’intérieur d’une culture politique où la démocratie fonctionne comme un signifiant indépassable. » C’est par ce verdict sans concession que Geoffroy de Lagasnerie interroge, dans leur acception philosophique, les vertus supposées de l’idéal démocratique : ne se justifierait-il que par sa faculté à nous convaincre de tolérer des trajectoires politiques hasardeuses et des approximations sociétales humaines ? De ce fait, est-il pertinent de nous résigner à subir les dérives autoritaires et liberticides d’apprentis dictateurs, au motif qu’ils ont été démocratiquement élus ? Faut-il se contenter de réformes institutionnelles, de redistribution matérielle, ou se risquer à des expériences démocratiques alternatives ? De quelle marge de manœuvre pouvons-nous encore disposer sans être immédiatement accusés d’être antidémocrates ? Telles sont les questions posées par un auteur qui n’en est pas à sa première quête du Graal libertaire, notamment inspirée des pensées de Arendt, Bakounine, Durkheim, Bourdieu, Habermas, Marcuse, Simone Weil, etc.
Parlant de risque d’« autodestruction » des démocraties, qui serviraient par principe majoritaire opinions et partis antidémocratiques, Geoffroy de Lagas



