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La Démocratie a-t-elle besoin de la science ?

Analyse de livre

PAPON Pierre, « La Démocratie a-t-elle besoin de la science ? « , CNRS Éditions, Le Banquet scientifique, septembre 2020, 336 p.

Cet ouvrage de notre conseiller scientifique Pierre Papon a fait l’objet d’une double lecture / recension : la première, par Hugues de Jouvenel ; la seconde, par Michel André.

L’analyse d’Hugues de Jouvenel

Voici un livre fort bienvenu, notamment pour ceux qui, échaudés par les atermoiements des milieux scientifiques face à la pandémie de coronavirus, douteraient encore de la science, des progrès qu’elle a entraînés et de ses bienfaits. Sa lecture n’est pas toujours aisée pour ceux qui, comme moi, ne seraient pas complètement au fait de ses développements, par exemple dans les domaines de la physique quantique et de l’intelligence artificielle. Mais son auteur, qui vante le talent pédagogique de Georges Duby et de Fernand Braudel, n’est pas en reste pour nous entraîner dans un récit passionnant sur « la longue marche de la science » et ses exigences, puis dans une deuxième partie sur « La science dans la société » et, enfin, le rôle que celle-ci peut jouer comme « vigie de la démocratie ».

Pierre Papon, conseiller scientifique de Futuribles International, entend d’abord nous convaincre que la science, contrairement à l’opinion souvent hâtive que nous sommes enclins en tous domaines à formuler, nous permet d’accéder à « un savoir objectivement prouvé » parce que résultant d’une démarche respectant des normes bien précises : la formulation d’hypothèses validées par des observations, l’élaboration de théories confrontées à l’expérimentation… Son propos est toujours illustré par des exemples d’abord choisis dans les « sciences dures », non sans que l’auteur y montre que la « vérité », dans le domaine de l’énergie, ne s’est révélée qu’à l’issue d’une longue saga scientifique commencée avec Aristote et que relance désormais la physique quantique (ceci n’ayant pas fait obstacle entretemps à son exploitation intensive durant l’ère industrielle).

Mais il reconnaît en même temps « la diversité croissante de la production scientifique », la spécialisation de plus en plus poussée des savoirs qui rendent plus difficiles les approches pluridisciplinaires. Ensuite, s’intéressant aux sciences humaines, il montre que la démarche scientifique rencontre ici des limites, y compris faute de pouvoir soumettre les théories à l’expérimentation. L’auteur témoigne néanmoins, dans cette partie, de son intransigeance quant aux principes d’une recherche réellement scientifique, même si la vérité qu’elle dévoile est incomplète, imparfaite, voire sujette à des remises en cause.

Il ne cache pas cependant son espoir de voir le numérique, sans atteindre les capacités du cerveau humain, être capable de traiter un très grand nombre de données et permettre des progrès en termes de modélisation et de simulation utiles, « à condition d’admettre que la science et la réalité ne sont pas solubles dans le numérique ».

L...

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